La rééducation cardiaque après un infarctus

Bonjour à toi, et bienvenue sur le blog Bien vivre après un Infarctus

Si tu atterris ici, c’est que toi ou un de tes proches viens sûrement d’être vicitime d’un infarctus, ou de tout autre accident cardio-vasculaire.

Pour ce premier article concernant l’infarctus, je vais commencer par te raconter mon histoire.

Ou plutôt… Je vais te parler de cet instant où je me suis réveillé dans ma chambre d’hôpital, le lendemain du drame.

Drame qui finalement… N’en était pas un. Mais ça, tu le découvriras au fil des futurs articles ici 😉

Ce moment était le début de ma nouvelle vie qui a commencé avec la rééducation cardiaque après un infarctus, mais je ne le savais pas encore.

Cette histoire je te la raconte aussi en vidéo en bas de cet article ou  sur notre chaîne YouTube :

 

14 novembre 2015

Le lendemain des attentats à Paris.

Je me réveille dans mon lit d’hôpital, encore sous le choc : la nuit a été rude, j’ai encore du mal à comprendre ce qu’il s’est passé.

Je venais de faire un infarctus plutôt sévère…

La matinée commence à peine qu’un cardiologue débarque dans ma chambre pour m’annoncer que dans un mois, je partirai faire une rééducation cardiaque pour une vingtaine de jours, le tout en hospitalisation complète.

Une belle claque…

rééducation cardiaque après un infarctus
rééducation cardiaque après un infarctus

Le mois qui a suivi m’a plongé dans un état de fatigue extrême, aussi bien physique que morale. Mon cœur avait bien souffert.

Une bonne partie était nécrosée, me laissant avec une fraction d’éjection d’à peine 44 %.

Autant te dire que je n’allais pas courir un marathon sous peu… 

Après l’annonce du cardiologue, ma première réaction a été de sauter sur mon Smartphone et de chercher dans Google «rééducation cardiaque après un infarctus». 

Pour faire une rééducation digne de ce nom, je comprends que je vais devoir aller dans un centre spécialisé. 

Premier constat : dans mon département, il n’y a qu’un seul centre qui ne fonctionne qu’en hospitalisation complète.

Moi qui ne suis bien qu’auprès de mes proches, chez moi, dans mon cocon douillet, cette idée m’a fait plonger dans un état de dépression avancée.

Rentrer chez soi ?

Oui. Le dimanche. De 9h à 17h.

Je ne m’imaginais pas devoir quitter ma famille avec laquelle j’ai une relation fusionnelle pendant 20 jours !

20 jours sans nous voir, c’est pas loin de la fin du monde pour nous…

Surtout après une telle épreuve, Ça me paraissait insurmontable : J’avais besoin d’eux plus que jamais. 

Sachant à l’avance que cette option me ferait plus de mal que de bien et serait donc complètement contre-productive, j’ai parlé de mes craintes au cardiologue, lui demandant naïvement si je pouvais faire cette rééducation à la maison.

Nan parce que si c’est juste se remettre à marcher 30 minutes par jour, merci mais je peux me débrouiller tout seul !

Je peux même le faire pieds nus en fredonnant.

Il m’a observé avec ce petit air condescendant qu’on réserve aux gens qui n’en font qu’à leur tête, puis me répond que malheureusement, non.

Ce non catégorique qui ferme toute discussion que je déteste au plus haut point…

Cela se fait en centre spécialisé. Point final.

Vous n’avez pas trop le choix Monsieur, ou vous allez crever dans 1 mois.
Il y a mis les formes, mais c’est ce que ça voulait dire.

D’un état de dépression avancé, je suis passé à un état de dépression terminale.

Je me suis transformé en légume.

Tu te dis que je suis extrême ?

Peut-être un peu.

Tout le monde ne réagit pas la même manière… 

J’imagine que certains n’ont pas cette déprime que j’ai eue de suite après l’infarctus, qu’elle est arrivée plus tard.

Certains sont beaucoup plus sociables que moi et se réjouiraient d’avoir l’occasion de faire de nouvelles rencontres, qu’ils seraient contents de pouvoir prendre un peu de recul par rapport à leurs vies, de quitter leur maison pour vivre autre chose…

Chacun a un vécu et des motivations différentes.

En plus de la peur de quitter ma famille, je m’imaginais enfermé dans un centre avec des vieux, des alcooliques, des fumeurs compulsifs…

Un genre d’asile psychiatrique comme on voit à la télé avec des gens bizarres qui font flipper.

Parce que quand on marche vers l’inconnu, le cerveau joue des films qui te donnent envie de t’enfermer chez toi et de te faire oublier du monde.

Ces films que je me faisais me déprimaient encore plus.

Attention je n’ai rien contre les personnes âgées bien sûr. Ni contre les fumeurs compulsifs. Ni contre les asiles psychiatriques. Ni contre personne d’ailleurs. ?

Ma décision était prise…

Je ne ferai pas la rééducation cardiaque après un infarctus.

Plutôt me tuer que me séparer de ma femme et mes enfants à nouveau.

1 semaine d’hospitalisation, c’était déjà bien assez long.

Alors 20 jours, non merci. Même pas en rêve. 

Gardant son calme, le cardiologue m’a expliqué qu’il comprenait mes craintes et respectait ma décision. Mais vu mon état de santé actuel, ne pas la faire serait dramatique pour moi.

Devant mon entêtement, il réfléchit encore et m’annonce qu’il a peut-être une solution.

En effet, il connaît un centre dans un département voisin qui fait de la rééducation cardiaque en hôpital de jour. Ceci me permettrait de rentrer chez moi tous les soirs.

Seule contrepartie : il faudra accepter de faire la route tous les jours car le centre se trouve à une cinquantaine de kilomètres de mon domicile.

Et ben voilà ! Une petite lueur d’espoir éclaire enfin le sombre brouillard dans lequel je tournais depuis plusieurs jours.

A ce moment, j’avoue que je suis extrêmement content…

…même si j’ai toujours la crainte de me retrouver avec des gens bizarres, de ne pas m’y sentir à ma place, mais au moins, je sais que tous les soirs je pourrai retrouver les êtres qui me sont chers.

En attendant, j’ai l’obligation de me reposer pendant 3 semaines.

J’en profite pour regarder en quoi consiste la rééducation cardiaque après un infarctus…

Je vois que je vais réapprendre à manger, à vivre sainement et surtout, que je vais devoir faire pas mal de sport…

Sport que j’ai arrêté de pratiquer il y a plus de 20 ans.
Au point que monter 3 marches me rend tout essoufflé.

Gloups…

La rééducation cardiaque

 

C’est le grand jour…

On me dépose devant la Clinique de Saint-Orens.

Je lui fais face.

Malgré les messages d’encouragement de ma famille, je me sens horriblement seul et donnerais tout pour rentrer à la maison, là, tout de suite.

rééducation cardique saint orens de gameveille

La première journée, c’est une journée de présentation du centre, des activités et des intervenants.

Nous sommes un petit groupe.

Un homme en blouse blanche nous explique le fonctionnement de la clinique : je devrai arriver tous les jours vers 11h45, je mangerai ici des plats préparés pour nos cœurs malades.

Le programme de l’après-midi alternera entre marche, musculation, gymnastique douce, aquagym, méditation / relaxation, et séances de cardio sur tapis de marche ou sur vélo d’intérieur.

On a le droit de manger des frites une fois par semaine, au moins ? Non ? Les bonnes vieilles habitudes ne se font pas oublier si facilement…

A voir comme ça, le programme ne me semble pas très glamour.

Pourtant c’est grâce à lui que ma vie va changer.

En plus de toute ses activités nous avons la possibilité de rencontrer individuellement un diététicien, un addictologue et un psychologue pour avoir des conseils vraiment adaptés à nos cas.

Le deuxième jour les choses sérieuses vont sérieusement commencer : l’épreuve d’effort d’entrée.

rééducation cardiaque après un infarctus

Pour savoir où tu te situes au niveau physique, tu devras faire ta première épreuve d’effort dite « d’entrée ».

C’est grâce à elle qu’ils pourront déterminer l’intensité à laquelle tu pourras commencer ta rééducation cardiaque après un infarctus.

Juste un petit conseil au passage… N’essaye pas d’impressionner le ou la coach sur cette épreuve. Sinon, il (elle) te fera démarrer très fort aux premières séances, et ça va te faire mal.

Très mal.

Une fois cette épreuve effectuée, le coach sportif va te faire un programme sur mesure, spécialement conçu pour toi.

Première séance :  du cardio et un test de poids pour la musculation.

Premier cardio depuis trèèèèèèès longtemps pour moi !

La coach m’a fait une session de 40 minutes comprenant cinq minutes d’échauffement et cinq minutes de récupération, à environ 50 % de la puissance maximale faite lors de l’épreuve d’effort.

J’ai eu chaud.

J’ai beaucoup transpiré, mais j’étais assez fier d’avoir réussi à tenir les 40 minutes.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’ai pratiquement de suite ressenti un bienfait au niveau mental.

Je ne pensais pas arriver au bout des 40 minutes, mais voir que j’en étais capable a été un vrai coup de boost pour moi.

Après une séance de relaxation pour terminer, je rentrais chez moi super fier et plutôt motivé pour la suite.

Je ne vais pas vous faire le détail de ces 20 jours car je reviendrai sur beaucoup de points de ce programme dans d’autres articles.

Le bilan

  • J’ai rencontré des intervenants exceptionnels, des coachs sportifs, des kinés, des psychologues, cardiologues… Je me suis senti complètement écouté.
  • J’ai compris l’intérêt d’avoir un effort physique modéré mais régulier dans ma vie future, l’intérêt de manger beaucoup plus sainement, de prendre soin de moi. La machine était lancée.
  • J’ai rencontré quelques compagnons d’infortune qui m’ont aidé et qui m’aident encore aujourd’hui en partageant par exemple nos statistiques sportives sur Runtastic. Quand on voit que l’un espace un peu trop ses séances, un petit texto « bah alors loulou tu te relâches ou quoi ??? Allez ! Sors t’aérer là oh ! Pas de laissé aller hein ! » et hop ! Ça repart. On se félicite, on s’encourage…
  • Surpris aussi de voir à quel point il y a un panel de gens d’âge et d’horizon différents, des jeunes de 20 ans, des moins jeune de 40 ans, des personnes âgées, des riches, des pauvres, des gens de droite, de gauche, beaucoup de femmes jeunes et moins jeunes. A ce moment, on comprend que ça peut toucher tout le monde, que notre statut social face à la maladie ne veut plus rien dire, qu’on n’est pas seul, et surtout qu’on est tous heureux d’être encore en vie ! Donc non, il n’y a pas que des gens bizarres. Comme quoi…
  • La rééducation cardiaque m’a appris à contrôler mon cœur avec un cardio fréquencemètre et à ne pas aller jusqu’à l’essoufflement pour ne retenir que le plaisir de l’effort. J’ai appris à refaire confiance à mon cœur, à ne pas avoir peur qu’il me lâche encore. Après un infarctus, le but n’est pas d’être champion du monde de la discipline que tu vas choisir, mais que tu y trouves chaque fois du plaisir et que cela t’apporte la motivation de recommencer semaine après semaine.
  • Je remercie vivement mon cardiologue d’avoir compris et écouté ma détresse et qui m’a aiguillé vers un centre en milieu ouvert.

Quand je suis entré à la clinique, je ne mesurais plus qu’un mètre tellement j’étais mal dans ma tête et dans mon corps.

Mais j’en suis ressorti debout à 1,80 m.

Bien sûr à la fin des 20 jours, 21 pour être exact, même si tu es reboosté à bloc, ce n’est que le début du chemin vers la longue route du changement de ta vie.

Beaucoup, beaucoup d’étapes restent encore à franchir.

Mais une chose est sûre : sans cette rééducation cardiaque, la suite n’aurait jamais été possible.

Cette histoire je te la raconte aussi en vidéo  sur notre chaîne YouTube :

J’espère que cet article t’aura plu, n’hésite pas à me mettre des commentaires pour me partager ton expérience !

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